Les enjeux

À Développement et Paix, nous croyons qu’il y a de la place à table pour tout le monde. Toutefois, dans la grande famille humaine il y a encore 1 milliard de personnes qui souffrent de la faim, soit 1 personne sur 8.

Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde est plus grand que celui des populations réunies du Canada, des États-Unis et de l’Europe.

La majorité des personnes pauvres dans le monde vivent de l’agriculture et c’est ainsi qu’elles font vivre leur famille. Sur de petites parcelles, elles cultivent des céréales, des légumes et des fruits, et élèvent de petits animaux pour se nourrir elles-mêmes ainsi que leur famille. Ces petits agriculteurs familiaux vendent leurs surplus pour envoyer leurs enfants à l’école, obtenir des soins médicaux et améliorer leurs conditions de vie.

Les petites agricultrices et agriculteurs familiaux sont les gardiens de nos semences

L’agriculture familiale nourrit 70 % de la population mondiale. Trois milliards de personnes dans le monde vivent et dépendent de ce modèle de production alimentaire. Développement et Paix appuie ce modèle éprouvé, écoresponsable et durable.

Notre système alimentaire est basé sur l’acquisition de connaissances et sur l’innovation des agriculteurs et des paysans depuis des millénaires. Ce sont des experts locaux qui font en sorte que les semences qu’ils sèment ont tout ce qu’il faut pour bien pousser. Les variétés locales qu’ils ont développées sont abordables, ont souvent une valeur nutritive supérieure et sont mieux adaptées aux conditions de croissance difficiles. Les semences de ces agriculteurs sont le patrimoine des agriculteurs familiaux et des paysans qui les utilisent pour nourrir leurs familles, leurs collectivités et le monde.

Les agricultrices sont la clé de la lutte contre la faim

« Le soutien aux agricultrices est la meilleure stratégie dans la lutte contre la faim et la pauvreté dans le monde. » - FAO

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), si les femmes pouvaient avoir accès à la terre, à la formation et aux outils agricoles au même titre que les hommes, les récoltes augmenteraient possiblement de 20 à 30 %, ce qui permettrait à 100 à 150 millions de personnes de ne plus souffrir de la faim.

Qu’est-il arrivé à nos semences ?

Sans les agriculteurs familiaux et les paysans qui réalisent un travail intensif, la préservation de nos semences, la biodiversité de notre approvisionnement alimentaire et l’avenir de notre alimentation pourraient être mis en jeu.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que la profonde transformation de la production alimentaire mondiale a entraîné la perte de 75 % de la biodiversité. L’industrie agroalimentaire a commencé à remplacer l’immense diversité des semences paysannes par des variétés industrielles, créant ainsi des cultures très homogènes.

Résistance mondiale à la privatisation des semences

De nombreux partenaires de Développement et Paix aident les agriculteurs familiaux à protéger leur droit de conserver et d’utiliser leurs semences pour nourrir leurs familles et leurs collectivités, et à maintenir la riche biodiversité de la planète.

Colombie

En 2013, une grève nationale des agriculteurs a éclaté en Colombie, lorsque la loi 970 a rendu illégale la conservation des semences par les paysans. Cette loi était une condition pour la signature d’un accord de libre-échange entre les États-Unis et la Colombie, et elle ouvrait la voie au monopole des multinationales sur certaines semences. Elle accordait aussi à l’Institut colombien de l’agriculture le droit de saisir et de détruire les semences paysannes. Des mois de manifestations ont porté fruit et il y a maintenant un moratoire sur le projet de loi. Des partenaires, tels que l’Association des paysans d’Antioquia (ACA), soutiennent les paysans colombiens dans la connaissance de leurs droits et la mobilisation pour résister aux lois qui criminalisent leur travail, et pour demander des changements législatifs pour les appuyer dans la production des 70 % de l’approvisionnement alimentaire du pays.

Brésil

La plantation de soya génétiquement modifié par les multinationales est devenue très répandue au Brésil, en particulier dans l’État méridional du Rio Grande do Sul. Le Mouvement des travailleurs sans terre (MST) milite depuis de nombreuses années pour défendre les droits des paysans en dénonçant les cultures génétiquement modifiées, et en faisant la promotion des semences biologiques. En 1997, le MST a créé Bionatur, une coopérative de semences biologiques qui compte 156 familles membres. C’est aujourd’hui le plus grand producteur de semences agroécologiques en Amérique latine.

Haïti

Après le séisme de 2010, le géant agricole Monsanto a offert de donner des semences pour aider à relancer les activités agricoles dans le pays, ce qui aurait placé les agriculteurs familiaux dans un cycle de dépendance à l’égard de l’entreprise. Le Mouvement Paysan Papaye (MPP), un partenaire de Développement et Paix, a organisé une marche de 10 000 personnes pour protester contre ce prétendu cadeau.

Zambie

Les Zambiens ont longtemps résisté à l’introduction des semences génétiquement modifiées dans leur pays. En 2002, le Centre jésuite pour la réflexion théologique (JCTR), un partenaire de Développement et Paix, et d’autres organisations locales ont réussi à persuader le gouvernement zambien d’interdire l’entrée de maïs génétiquement modifié dans le pays. L’interdiction persiste jusqu’à maintenant, malgré la pression croissante de la communauté internationale pour la lever.